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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 23:13

Moi qui croyait avoir trouvé un bon poste. The poste. LA clinique qui me convenait, avec un échographe, une gazeuse, une radio avec développeuse automatique, une NF... où je pourrais faire de la bonne médecine, et me former en écho en parallèle pour pouvoir utiliser la machine...

Les 2 ASV étaient jeunes et super sympa, la clientèle aussi (sauf quelques exceptions mais comme partout...).

 

Du coup, moi qui en avait marre de cumuler plusieurs temps partiel et de sauter de clinique en clinique (à un moment j'ai tourné dans 5 cliniques différentes sur le même mois), je me suis dit que c'était une bonne opportunité pour me fixer, enfin !

Pouvoir suivre mes patients, être enfin connue de la clientèle comme autre chose que "ah oui vous êtes sa remplaçante", pouvoir m'investir vraiment... L'idée me plaisait.

 

Le tout, dans une clinique située à 5-10 minutes de chez moi en voiture / 25 minutes à pied / 10-15 min en vélo... le rêve.

Fini les bouchons sur le périph ou tout autre autoroute autour de Paris...

En plus c'est le patron qui m'a appelée, je n'avais même pas postulé (j'ai appris par la suite qu'il avait déjà offert le poste à une amie quand je l'ai accepté, et donc sans le savoir, je lui ai piqué sa place, bref, j'aurais du tout de suite voir que c'était une mauvaise personne, bref)

 

J'ai commencé à venir bosser dans ladite clinique. Je me suis super bien entendu avec les ASV, ça a tout de suite accroché. On s'enthousiasmait même mutuellement du boulot qu'on faisait ensemble...

 

Sauf que... Il restait le patron. Jusque là je ne l'avait pas croisé plus que ça, car pendant 3 mois j'ai fait un CDD à temps partiel, en jonglant avec mes autres boulots, pour pouvoir y travailler le samedi et certaines demi journées en semaine. Comme ça se passait bien, que j'étais appréciée des employées et des clients, et qu'il n'avait rien à redire à ma façon de gérer les cas, il m'a proposé le CDI qu'il m'avait promis, avec 3 mois d'essai.

 

Jusque là, tout allait bien... sauf que... mardi dernier (avant hier), il passe au cabinet et me sors "tiens on va regarder tes consults de samedi"... rien à redire sur mes traitements, mais... non seulement il n'a écouté aucune de mes justifications quand il me faisait un reproche bidon ( puisqu'il me coupait systématiquement), mais en plus il m'a reproché de ne pas être ouverte au dialogue, alors que c'est lui qui cherchait à tout prix à m'imposer son point de vue, sans raison valable !!!

Cela aurait pu passer (je lui aurais trouvé une excuse bidon genre surmenage), s'ils n'avait pas eu des propos qui m'avaient choquée.

 

J'en avais été avertie par des collègues ou ex patron, mais je n'ai pas voulu écouter... J'y croyais en ce CDI !

Mais il a des méthodes bien trop différentes des miennes (plus focalisé sur le chiffre d'affaire que sur la qualité des soins et des prestations), et je ne veux pas qu'il m'oblige à bosser comme il le fait.

 

Je vous raconte le type de discussion qu'on a eu (grosso modo) quand il a vérifié mes facturations du samedi précédant (et oui!), vous allez rire (ou être aussi choqué que moi) :

 

"bon, ben, sur ce chat là, pourquoi t'as pas fait une injection?"

"parce que y'avait pas besoin"

"si, si, il FAUT faire des injections!"

"? ... Attendez, je ne vais pas faire une injection  pour le plaisir, surtout une injection facturée 16 euros, si y'a pas d'intérêt pour l'animal"

"oui mais les gens aiment bien qu'on fasse des injections, avec moi ils ont l'habitude comme ça. Après ils vont encore me dire, si le traitement ne marche pas  "c'est parce qu'elle a pas fait d'injection" "

"les gens seront satisfait si le traitement marche, et c'est tout. Si ça ne marche pas, ce sera pas parce que je n'ai pas fait d'injection, et ce sera à vous ou moi de le leur dire !!! Pour garder la clientèle, ce qui compte avant tout c'est la qualité des soins, la transparence dans ce qu'on fait, et le relationnel avec les clients, pas juste le fait de faire une injection bidon, juste pour le spectacle"

"c'est pas une injection bidon !!! par exemple là, t'as prescrit des antibiotiques, t'aurais pu lui faire une injection d'antibio."

"Je n'en vois pas l'intérêt ! il avait juste un problème dermato localisé, ça ne lui faisait pas mal, et ne le démangeait pas à mort, donc pas besoin d'une action hyper méga rapide, et puis les antibiotiques par voie sous cutanée, c'est pas non plus de l'instantané de toute façon. Donc je ne vois pas l'intérêt dans ce cas !"

"ben l'intérêt c'est que ça rapporte ! sinon pour l'entreprise, c'est pas rentable"

"ben mes autres patrons faisaient comme moi, il étaient contents de mon travail, et bien que je ne fasse pas une injection systématiquement, ils n'étaient pas en faillite"

"oui mais moi je fonctionne comme ça, OK? moi je ne veux pas que tu fasses une consultation à moins de 60 euros, 1 injection minimum, et 2 ou 3 c'est mieux"

"vous vous rendez compte de ce que vous dites? Je ne suis pas d'accord ! Je ne vais pas facturer des injections qui ne sont pas indispensables, surtout au prix que vous les facturez (2 à 3 fois plus cher que dans toutes les cliniques ou j'ai bossé, dans le même département et le même type de clientèle) ! Et j'ai pas envie que vous me mettiez une pression financière sur le dos."

"Ben ça, je vais te la mettre la pression, c'est sûr"

"à ce moment là, moi ça ne me va pas, je ne veux pas continuer à bosser pour vous dans ces conditions là"

"ah ben c'est clair, si tu le prend comme ça, ça va pas pouvoir le faire"

Le soir même il appelait (sans m'en avertir) son ancienne employée et une autre véto (que je connais personnellement, donc j'ai été informée sans qu'il ne s'en doute) pour connaître leur dispos dès la semaine prochaine.

 

Donc il cherche à me remplacer illico presto. Je l'ai appelé le lendemain pour savoir ce qu'il en était exactement "ben je te dois 48h de préavis, donc vendredi c'est ton dernier jour !"

 

Donc ce véto m'a fait lâcher tous mes boulots, et juste parce que je ne veux pas faire une injection à TOUTES mes consult, il décide que c'est urgentissime de me virer.

 

Certes je voulais démissionner de toute façon, mais j'aurais bien continué 1 ou 2 semaines de plus le temps qu'il trouve quelqu'un pour me remplacer (je ne suis pas du genre à lâcher un patron, même un patron véreux, sauf raison sérieuse) et le temps que moi aussi je retrouve un travail.

 

Je suis hyper-just financièrement (le prix des loyers en région parisienne étant tout simplement exorbitant), donc franchement, c'est un peu salaud de sa part. C'est pas comme si j'avais fait une faute grave, on a fait une bonne journée le samedi en question (financièrement).

 

Bref.

 

De toute façon, j'ai déjà trouvé (dès le lendemain d'ailleurs), une semaine de rempla en mai (chez une véto chez qui j'ai déjà fait quelques remplacements ponctuels) donc je ne m'inquiète pas.

Je suis sérieuse, j'ai un peu d'expérience, un bon relationnel avec la clientèle et les ASV (et vétos) en général, donc je ne tarderai pas à retrouver du boulot.

 

Mais je suis déçue.

Je ne regrette rien, car hors de question pour moi d'arnaquer les gens, donc je ne me serais pas faite à cette façon de faire, mais je suis déçue de l'illusion que j'ai eu d'avoir enfin à CDI à temps "presque plein"... déçue d'avoir lâché mes autres cliniques où je ne faisais pas beaucoup de jours par semaine mais où ça se passait très bien. Surtout une que je regrette particulièrement, mon patron était adorable (l'ASV aussi, on riait bien, entre deux consults), et pas radin du tout. Et lui aussi, comme moi, est avant tout un passionné. Preuve que c'est possible d'avoir une structure rentable sans tomber dans le spectacle et devoir embobinner les gens pour obtenir leur confiance, et sans les vider de tout leur argent inutilement.

La transparence et les résultats, c'est ça la vraie façon d'obtenir leur confiance.

Et je ne veux pas qu'on rie de mes principes comme il l'a fait, quand je sais que ce sont les bons.

 

Donc sans regret.

 

C'est mon dernier jour vendredi, je partirai la tête haute, en faisant mon travail correctement !

Par Choupinette des cimes - Publié dans : Vie quotidienne d'une véto
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 14:18

Samedi, c'était triste. La fin de journée fut rude.

Deux cas très durs psychologiquement.

 

Le premier cas m'était annoncé comme "une boule de pus qui a éclaté"...

http://www.imagepuppy.com/shared/65510f884deb2aafc8aad63b2a3c3f05.JPG

En fait c'était une chienne Golden Retriever de 13-14 ans qui avait une tumeur mammaire pas si grosse que ça mais ulcérée... J'ai expliqué à la dame que ça risquait de ne pas cicatriser, qu'idéalement il aurait fallu retirer la masse, mais que vu l'âge de la chienne, et compte tenu de ses autres problèmes, il serait vraiment trop risqué de l'opérer. 

J'ai bien eu du mal à poursuivre, car en entendant le mot tumeur la dame s'est tout de suite écrié "alors .. c'est un cancer!", puis elle s'est mise à pleurer et à ne plus vraiment écouter...

Cancer est un bien grand mot, il ne pas confondre cancer et tumeur (une tumeur peut être bénigne ou maligne).

Car sa chienne avait, en plus de ça, pas mal d'autres problèmes plutôt sérieux : ascite et essoufflement d'origine cardiaque, obésité (elle a quand même osé dire "mais non elle n'est pas grosse ma chienne", chienne qui fait 47kg alors qu'elle ne devrait pas en peser plus de 30...)

Elle ressemblait un peu à ce vieux golden (non, ce n'est pas elle, ça c'est une photo que j'ai trouvée sur le net pour illustrer un peu).

En plus cette chienne n'était pas suivie depuis un moment, donc non soignée pour ses autres problèmes de santé, non vaccinée (on aurait peut être soigné ses soucis et/ou diagnostiqué la tumeur plus tôt si elle était venue nous voir régulièrement pour un vaccin ou un contrôle annuel...).

Bref, ça m'a quand même fait mal au coeur pour la dame.

Quand elle m'a demandée combien de temps ça vivait un chien comme ça... Je n'ai pas trop su comment lui dire sans qu'elle ne s'alarme trop, que... et bien, comment dire, en fait euh... elle a déjà dépassé l'espérance de vie moyenne de sa race (une douzaine d'année je dirais)... Alors c'est déjà du bonus ce surplus.

Allez, ne paniquez pas, elle ne va pas mourir dans l'instant. On va soigner l'infection, mettre une pommade cicatrisante, protéger la masse des frottements avec le sol et voir ce que ça donne.

Procédons par étape.

Ca lui laissera le temps d'encaisser la nouvelle. Et ce sera mieux pour le chien, parce que là c'était quand même bien sale avant que je ne nettoie.

 

 

 

Cas suivant: une dame assez sèche, impatiente, qui a l'air en nous parlant, de nous reprocher toute la misère du monde...

Elle a déjà râlé sur l'ASV lors de la prise de rendez vous (elle voulait un rendez vous instantané: tout de suite là,  maintenant, il fallait qu'elle nous amène son animal. Or, on ne pouvait pas, donc après liui avoir gentiment expliqué qu'il n'y avait plus de place, elle a finalement pris son mal en patience et est venue au rendez vous fixé un peu plus tard dans la journée.

Sachant l'attitude qu'elle avait eu avec l'ASV, j'étais un peu sur la défensive en la faisant entrer. J'ai examiné le chat, et commencé à expliquer que c'était une tumeur, et qu'au vu de sa localisation et sa taille, il était peu envisageable de pouvoir la retirer.

Après avoir parlé si sèchement, la dame s'est tout d'un coup effondrée, et m'a expliqué pourquoi elle ne pouvait entendre ce diagnostic.

J'ai alors compris son empressement à vouloir  "savoir".

Cette dame, dont le chat de 12 ans a ce qui ressemble à un fibrosarcome non opérable (bien ancré dans les muscles dorsolombaires), est en plein traitement pour un cancer de l'oesophage. Et son chat, c'est sa boule de vie à la maison. C'est ce à quoi elle se raccroche, quand elle n'a plus goût à rien.

La vie pour elle c'est un enfer. Des examens, des soins, des tubes, de la chimio... elle n'en peut déjà plus. C'est un squelette cette femme, un fantôme, une âme encore lucide dans un corps si faible, ravagé par le traitement et la maladie. Et de savoir que son chat souffre d'un mal similaire... ça semble lui faire presque encore plus mal que ce qui la ronge elle.

J'ai sous entendu qu'on ne pourrait peut être rien faire, mais ça elle ne veut pas l'entendre... forcément, puisque elle, elle se bat. Alors il faut faire quelque chose.

 

"dites moi ce qu'il faut faire, et faites le!" me dit elle sèchement.

 

J'y ai pensé toute la soirée ensuite. Que faire... Que proposer, sachant qu'elle va se faire hospitaliser dans les jours qui viennent et ne pourra amener son chat régulièrement pour des suivis si on décide de faire une chirurgie "délabrante"... que de toute façon il y a un risque de récidive, et que si le contexte n'était pas si particulier, j'aurais dit "soit on tente le tout pour le tout (IRM  pour voir jusqu'où va la masse et voir si elle est opérable + bilan d'extension +/- biopsie), soit on décide de ne rien faire, parce que ça a l'air d'évoluer lentement"...

Mais elle ne veut pas qu'il meure... et je ne le veux pas non plus, elle en a trop besoin de voir son chat en vie...

Alors que proposer, sachant qu'elle n'a plus trop de moyens car à cause de son cancer elle ne peut plus travailler, et que les remboursements de la sécu tardent à venir...

Procédons par étape, je lui ai dit.

J'ai fait une radio pour d'emblée être sûre que ce n'était pas un ostéosarcome (même si la localisation n'est pas habituelle j'avais un doute car la masse est contre les vertèbres et de consistance assez dure) et puis pour voir s'il n'y a pas de masse en dessous, dans l'abdomen (le chat n'étant pas facile, je n'ai pas pu lui palper le ventre... trop crispé).

Bon, pas de masse abdo, pas d'atteinte osseuse.

Alors, on va programmer une biopsie pour connaître la nature de la tumeur.

 

J'espère, du fond du coeur, et même si je n'y crois pas au vu de mon expérience, que ce sera quelque chose de bénin, qui ne condamnera pas le chat, et qu'on pourra laisser là.

Quand elle est partie je lui ai dit:  "Ne vous faites pas de soucis pour la biopsie, c'est très rapide et ça nous permettra d'avoir une idée du pronostic, en attendant, prenez soin de vous, et ne vous inquiétez pas du reste : le chat, c'est nous qui gérons."

 

Et pour la première fois depuis le début de la consultation, elle et sa fille m'ont sourit et m'ont remerciée.

Parce que ça voulait dire "je comprends". Je comprends que pour elle c'est pas le bon moment, qu'elle n'a pas la force ni les moyens de gérer ça en ce moment, mais qu'elle ne veut pas ne rien faire.

Par Choupinette des cimes - Publié dans : Vie quotidienne d'une véto
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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 09:39

Photo-0020.jpg

 

A l'ouverture, l'aiguille, qui était dans l'estomac sur la radio, avait migré dans la toute première partie du duodénum. On l'a retirée à temps, le fil avait lui beaucoup plus progressé, et le duodénum commençait à se mettre en accordéon tout autour (le fil progressant plus vite que l'aiguille, qui elle, a dû rester un moment dans l'estomac).

 

J'ai été très étonnée qu'un chat puisse avaler une aiguille de cette taille (non, il n'est pas aiguillivore :-p, il commence par jouer avec le fil et le machouiller, et le reste suit involontairement... d'où le danger des bobines de fils, même sans aiguille...) : je l'ai prise en photo, regardez sa taille à côté d'un clamp (ça a dû faire mal en passant de la bouche à l'oesophage...! ) :

 

Photo-0021.jpg

Par Choupinette des cimes - Publié dans : Cas cliniques Véto
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